• L'adolescence : une période de changement


    L’adolescence : une période de changement

    C’est un moment important, la rupture d’un équilibre sous l’effet de conflits, de difficultés. Mais elle ne conduit pas forcément à des heurts. La majorité des jeunes passent cette période tranquillement, très peu vivent des moments délicats mais ceux-ci ne sont pas directement liés à cette période elle-même mais plutôt à un contexte familiale complexe, d’un problème sociétal.

    1/ L’adolescence : répercutions psychologique de transformations physique

    F.DOLTO, Paroles pour adolescents ou le complexe du homard,1989, parle de passage de mort de l’enfance vers une autre vie. "Les homards quand ils changent de carapace perdent d’abord l’ancienne et restent sans défense, ils tentent d’en fabriquer une nouvelle. Dans les parages d’un homard sans protection, il y a toujours un congre qui guette et est prêt à le dévorer ? l’adolescence c’est le drame du homard. Notre congre est tout ce qui nous menace à l’intérieur et à l’extérieur de soi et à quoi bien souvent on ne pense pas. L’adolescent se défait de sa carapace pour en trouver une autre, entre temps il est vulnérable, se replie sur lui-même ce qui va apparaitre après cette mue est le produit de ce qui a été semé chez l’enfant. Grande continuité entre ce qui s’est fait durant l’enfance, même petit, va se réinterroger, se redynamiser au moment de l’adolescence".

    Le jeune se défait de sa vie d’enfant pour rejoindre le monde de l’adulte et durant cette période il est très vulnérable
    Cette période de changement met en cause la condition de soi, il ne sait plus où il va. L’adolescent quitte le monde de l’enfance et il le franchi progressivement avec angoisse pour atteindre le monde inconnu de l’adulte. L’acquisition de ses identifications, de ses idéaux, se font durant cette période.
    Le jeune est durant cette période instable. Ses préoccupations changent et un rien peu le perturber, une mauvaise note, un nouvel ami, un échec amoureux…son humeur peut changer en un instant. Ils sont impatients, n’aiment pas attendre, tout doit avoir un but, pourquoi ? Cela sert à quoi ?
    Ils sont très ambivalents entre ce qu’ils souhaitent, ce qu’ils désirent et ce qu’ils mettent en place. Par exemple L’autonomie, ça peut être un adolescent qui fera de grand discours sur l’autonomie, la liberté, le laisser faire, mais qui ne trouvera jamais ses baskets tout seul.



    2/ La problématique du corps

    Il inscrit l’individu dans la temporalité on ne peut s’échapper de notre destin biologique, la condition éphémère de l’humain (appréhension de la mort)
    Le corps est un espace, territoire d’appartenance, il s’inscrit dans une filiation corporelle (ressemblance, appartenance à un groupe) L’adolescent vit beaucoup de tourment, il a un rapport problématique avec sa propre image. Il est triste, en colère, content d’être ce qu’il est et puis mécontent. Les modifications qui touchent son corps sont sources d’angoisse donc il essaye de le masquer, de l’embellir. Il peut s’identifier aussi à des images de corps imaginaire. Aujourd’hui dans notre société le corps est fétichisé, est au centre de la société, il est alors facile que le jeune en passe par le corps pour s’exprimer et non par la parole. L’imitation peut être aussi un levier pour s’identifier.
    Ce corps que l’on porte avec soi, on le traine et il est exposé au regard de l’autre et cela est très gênant pour lui. Cela peut être vécu comme jugeant, accusateur, désirant, menaçant, souvent le jeune peut interpréter le regard de l’autre de manière excessive.
    Au collège c’est une période compliquée pour nombreux, la question du regard est prévalente, on veut ressembler à quelqu’un, mais pas trop quand même : comment doit-on faire ? C’est alors très fréquent qu’il y est plusieurs sous-groupes permettant aux jeunes de s’identifier quelque part et d’éviter ce regard.
    Au lycée, on est d’autant plus dans la période du pubertaire, il n’y a plus de sous-groupes, c’est le temps des embrouilles, on se sépare des parents, on doit trouver des amis, on veut sortir ou rester dans sa chambre. Il est alors compliqué de le comprendre, car sa quête est tellement énorme, que sa réalité n’est pas ce que l’on perçoit.
    Le tonus et le corps, siège des émotions, sont encore très impliqués. D’un côté le jeune tout mou ou tout tendu, c’est un élément métabolique, qui est dû au changement physique et pas forcément un élément psychologique. Le corps permet la représentation du schéma corporel et durant cette période celui-ci est à nouveau modifié.

    3/ Le corps se transforme : apparition de la sexualité

    L’adolescent est soumis à ses transformations du corps il ne les choisit pas, elles s’imposent.
    Les jeunes sont mal à l’aise avec leur corps. Gaucherie transitoire ex : les garçons qui grandissent trop vite, une poitrine qui se développe trop vite. Le regard de ses pairs, des adultes source de désirs ou de rejet, de plus ces modifications pubertaires vont modifier la conscience de soi, le jeune va se demander qui il est. Sur le plan psychologique l’intérêt que le jeune porte aux autres se sexualise, comme source de plaisir.
    La masturbation, l’érection, les rêves, l’apparition des règles chez les filles peuvent apporter des conflits internes importants. De la culpabilité, de l’angoisse pour les uns, mutilation ou de l’orgueil pour les autres. L’impression d’avoir un corps bizarre qui ne lui appartient plus. Ce qui peut apporter un problème d’hygiène ou d’esthétique pour certain.
    Recherche et découverte de sa propre identité sexuelle avec les pressions familiales, de ses pairs et de la société. Le jeune doit faire face à tous ces changements et reconstruire sa propre identité.

    Pour aller plus loin, visionnez les 2 courtes vidéos ci-dessous :