• Les déviances

    Les déviances

    La plupart du temps les jeunes consomment de l’alcool et/ou drogue car ils souhaitent passer un bon moment entre amis. Cela peut être aussi un rite de passage, afin de pouvoir rentrer dans un groupe. Mais parfois ces consommations montrent une problématique plus complexe, un mal-être du jeune qui n’arrive pas à se retrouver dans son environnement. La consommation apparait alors comme une solution pour eux.
    Des conduites centrées sur le corps concernent ce rapport de l’existence aux plaisirs, à sa propre image. Le jeune peut surinvestir son corps de manière excessive (exhibition, dans le désir de l’autre) ou le rejette (mutilation, scarification, boulimie, anorexie…) car d’une part il peut ne pas supporter le changement et/ou d’autre part il existe une problématique antérieure à cette période pubertaire. Les déviances peuvent être tournés vers autrui, vol, viol, brutalité, on touche au domaine de l’appropriation, au besoin de maitrise. Ses besoins peuvent être liés à une incapacité à résister aux manipulations de la société de consommation qui joue beaucoup avec l’image, avec la possession. Il faut noter aussi que la société de consommation nous dit de consommer, elle nous donne pleins d’objets à disposition, seulement rien ne pourra nous convenir….
    Ce besoin d’appropriation renvoi a l’immaturation, à la capacité à renoncer au plaisir immédiat, et à l’égocentrisme. C’est l’incapacité à déplacer un point de vue autre que personnel, difficulté à accepter la présence d’autrui, absence de sentiment de responsabilité et de culpabilité.
    L’adolescent n’aime pas s’entendre dire non, c’est pourtant important de le lui dire, car cela lui permet d’apprendre que tout n’est pas à faire et/ou à dire, d’apprendre que l’autre a aussi des besoins, cela peut provoquer des conflits plus ou moins violents, mais l’acceptation du non lui permettra de mieux gérer ses futures frustrations. Quand l’individu a des conduites violentes, il est dans l’agir, il est poussé, débordé par une pulsion, il n’a pas la possibilité de mettre en mots pour éviter le conflit, et là on touche le domaine de la communication. Le jeune ne peut mettre en mots alors il fait. Cette façon d’agir à avoir avec la difficulté dans le processus de socialisation pour pouvoir s’adresser à autrui, c’est parce que l’autre me fait peur que j’agis.
    Notamment Il peut être difficile de rentrer dans le moule de l’école, le lien scolaire est une logique de domination collective, et cela fait violence à chaque jeune qui n’est pas sur le mode dominant.
    Le moment de l’adolescence étant un moment de fragilisation, l’adolescent peut développer une phobie plus ou moins importante, il existe donc de nombreux évitements phobiques communs ; pas envie d’aller à la piscine ; à la gymnastique. Il est important de respecter cela dans l’accueil du jeune lors de vos activités. La phobie ici est un moyen de précaution, c’est un territoire menaçant alors je l’évite. Ou par exemple, la pudeur excessive, qui peut être un sentiment de préservation, de protection, un mode de défense contre tous ses nouveaux regards. Pour le jeune ce n’est pas la pudeur qui est un problème mais l’infraction pour un éducateur à cette pudeur qui est douloureuse pour lui.
    Durant cette période, comme durant toute notre vie nous pouvons subir diverses violences tel que harcèlement : moral, moquerie, du physique, du style vestimentaire, du rejet ou refus d’un groupe, réseaux sociaux etc.
    Le jeune peut être l’agresseur afin de s’affirmer, pour être parmi un groupe et être le leadeur, ce qui pose aussi une problématique personnelle car on peut être un leadeur sans avoir recours à la violence sur autrui. Pour le jeune qui subit, c’est un désastre personnel lorsque l’on est seul et que l’on n’ose en parler à personne. C’est une dynamique morale qui joue sur la parole, pousse à l’isolement, à l’enfermement dans un statut de bouc émissaire, la personne a honte, si on me rejette c’est que je suis nul.
    Intériorisation de la violence qui aboutit au silence (trouble du sommeil, niveau scolaire en baisse, anxieux, dépression).
    Il est important dans le cadre d’une activité, d’être dans l’observation de ce qui se joue dans un groupe, repérer le ou les leadeurs afin de limiter leur pouvoir judicieusement et être attentif à ceux ou celles qui ont un comportement plutôt effacé.
    Tout comportement inadapté quel qu’il soit peut-être observé par l’éducateur, donc il ne faut pas hésiter à en parler avec ses collègues et/ou à sa hiérarchie afin que le problème soit accompagné de manière collective et réfléchie.

    « Qui, des ados ou de la société, est en crise ? » Véronique Bedin.